Aout 2020 : des Marquises à Raiatea

Coucher de soleil sur un motu de Bora Bora

Ia Orana,
C’est à dire Bonjour en langue polynésienne de l’archipel de la Société où Oxygen se repose actuellement ….
Rappelez-vous, nous avions laissé Oxygen aux Marquises au chantier MMS à Atuona sur l’île de Hiva Oa en juillet 2019.
De méchants événements nous ont retardé.

Je laisse la parole à Cap’tain Syl :

Fort Fâcheux Contretemps…
Juillet 2019. Oxygen est au sec, en sécurité, au chantier Marquises Maintenance Service, sur Hiva Oa.
Nous prenons l’avion pour la métropole. On a hâte de raconter nos 7 mois de vagabondages aux amis, prendre soin de la famille , procéder aux traditionnels contrôles médicaux.
Notre billet retour est fixé début octobre, cela laisse 3 mois en France.
Dès notre arrivée, je consulte le médecin pour clarifier des troubles du transit intestinal qui perdurent depuis 10 jours. Surement une bactérie…
Analyses et… pas de bactérie.
Alors re-analyses + scanner + IRM…
C’est ainsi qu’en quelques jours, me voici devant un jeune chirurgien qui s’apprête à modifier mon système digestif pour mettre à genou mon… cancer du pancréas !!!
L’intervention a lieu le 23 aout 2019 et se passe bien : 12h sur le billard, c’est la plus importante intervention pratiquée en chirurgie digestive.
Pour ma femme, ce fut le jour le plus long de cette guerre contre le cancer…
Désormais plus de duodénum, plus de vésicule biliaire, estomac modifié, pancréas réduit de moitié et une nouvelle façon de manger à appréhender !
Puis :
2 mois de convalescence
6 mois de chimio
Sans parler du Covid !!
Aujourd’hui, septembre 2020, il m’est plus facile d’en parler.
Si près de 95% des cancers du pancréas sont considérés comme foudroyants, 5% sont potentiellement « guérissables » car « opérables ».
Opérables car repérés suffisamment tôt, diagnostiqués précocement.
En effet, les ganglions périphériques de la tumeur ne sont pas encore trop envahis, donc la chirurgie peut espérer « ôter » la tumeur et les ganglions.
De son côté, la chimio tente d’éteindre ou freiner la prolifération du mal.
5%…
Et le chirurgien me classe dans ces minuscules 5%…
…Finalement j’ai du bol !
1 an après, je vis normalement.
Chaque trimestre, scanner de contrôle auprès de l’excellent Institut Montsouris où j’ai été opéré.
Suspense au moment du verdict puisque c’est durant les 36 mois suivant l’intervention que le risque de récidive est le plus important.
Ce 10 sept 2020, RAS. Nous quittons l’hôpital après scanner le sourire aux lèvres.
Prochain suspense vers Noël, entre temps, croquons la vie à pleine dent !!!
Ca durera ce que ça durera, c’est écrit et même avec le concours de la science, on n’y peut presque rien.
Un enseignement cependant.
Mon « bol », je le dois de n’avoir pas négligé une légère gène intestinale, j’ai immédiatement consulté.
À 57 ans, en pleine forme, je n’avais strictement aucun autre symptôme.
Or, trop souvent, me dit ce chirurgien à qui je dois la vie, des patients arrivent devant lui après avoir attendu trop longtemps pour consulter et réaliser des examens.
Ils sont dans la tranche des 95% et la science ne peut que ralentir l’inévitable, jouer la montre.
Ainsi, mesurant l’aubaine d’avoir accès à une protection médicale d’un niveau d’exception, qui plus est gratuite, chacun se doit de consulter dès qu’un tout petit symptôme se fait jour…
La faucheuse arrivera bien assez tôt et l’hypocondrie ne tue pas.

Cap’tain Syl et Mouss’Isa en navigation tranquille sous code D

Vous comprenez désormais notre silence ces derniers temps ..
Reprenant le fil de la vie, nous retrouvons Oxygen que mi-juillet 2020 dès que les vols internationaux à destination de la Polynésie française reprennent après le confinement….
Nous prévoyons de rester 7 semaines à bord, c’est court pour le programme ambitieux de Cap’tain Syl : rejoindre Raiatea dans les îles sous le vent.
Par ailleurs 2 amis, Liliane et Jérôme, sont de la croisière, c’était déjà prévu et ça me rassurait de les savoir à nos côtés pour la reprise de nos navigations.
Mais laissez-moi vous raconter cette dernière de façon chronologique !

Tracé en vert de la dernière navigation de Oxygen

L’ARCHIPEL DES MARQUISES
L’île de Hiva Oa

Après 1 an d’absence, nous pensions bien qu’il y aurait beaucoup de nettoyage et de bouine à notre retour. Nous avions donc prévu de rester d’abord 2 semaines à sec pour travailler à bord. Ce ne fut donc pas tout à fait une partie de plaisir mais tout de même facile avec au programme : travail le matin et balade l’après-midi sur cette belle île de Hiva Oa si chère à Brel et Gauguin.
Ainsi nous revoyons Taaoa, Atuona et son musée très bien fourni en explications et reproductions de toiles de Gauguin, l’avion Jojo de Brel et pèlerinage sur les tombes de ces derniers.

Roulotte de la plage de Atuona, voyez la plonge en plein air sur la gauche

Coté déjeuner, c’est la fête tous les jours : on fait la tournée des roulottes et baraques où les locaux ont leurs habitudes. On peut y déguster poissons crus au lait de coco, cochon, mi-cuit de thon accompagné de riz, frites ou nouilles chinoises. Je précise que les locaux peuvent ingurgiter les 3 accompagnements agrémenté de mayonnaise, le tout dans des proportions gargantuesques….
On retourne aussi au village de Puamau sur la côte nord avec sa belle plage de sable noir, sa pension Marie Antoinette où on mange délicieusement et son site archéologique de Iipona où on peut admirer les plus grandes sculptures de Tiki de Polynésie (plus de 2 mètres).

Les Tiki sont des représentations anthropomorphiques très stylisées, en pierre, des ancêtres déifiés ou juste commémorés. Ils sont parfois regroupés sur un même site comme à IIpona mais parfois isolée en pleine forêt sans aucune indication pour les trouver (comme le Tiki souriant que Liliane a pu dénicher…). Parfois même les locaux « mentent » sur la localisation ou la signification d’un Tiki pour mieux préserver la « tranquillité » d’un autre Tiki plus prestigieux, plus fort dans leur croyance. Ce n’est que lorsque vous discutez, que le polynésien vous a bien jaugé, vous a jugé respectueux que finalement il vous donne la bonne info, la bonne localisation qui n’est souvent qu’à 100 mètres. Et bien sûr pour le remercier de sa confiance, vous n’allez pas sur ce lieu de recueillement pour ne pas troubler le Tiki. Et c’est parce que ce polynésien a compris que vous alliez respecter le Tiki qu’il donne l’info !!

La team Oxygen au complet avec les colliers de tiare, sublimes et très parfumés !!

Au bout de 2 semaines le copain Jérôme nous rejoint. Quelques travaux plus techniques, changement des bagues de safrans, antifouling, et pour marquer de façon durable son passage aux Marquises, Sylvain offre à Jérôme un tatouage marquisien réalisé par le maître tatoueur Kaha de Atuona lors d’une séance de 5 heures !!!
Enfin le mardi 4 aout, nous remettons Oxygen à l’eau… imaginez la joie de ses 2 coques ….
Et c’est parti pour 5 semaines de balade sur l’eau.
On commence par une p’tite navigation avec traversée du canal du Bordelais qui nous sépare de notre destination : Tahuata !

A Taaoa, Jeune cavalier montant à cru sa jument et son poulain de 3 semaines

Appréciez le gigantisme des plantes par rapport à ma main, ici des feuilles de plants de taro.

Le mouillage de la baie de Hanatefau

L’île de Tahuata
Mouillage pour le déjeuner dans la baie de Hanamoenoa où se trouve la seule plage de sable blanc de toutes les Marquises, puis nous bougeons pour la baie de Hanatefau.
Ainsi le lendemain, dès 6h nous sautons dans l’annexe, accompagné par les dauphins de la baie, pour rejoindre Hapatoni où Joinville vient nous chercher avec son taxi 4×4, monture indispensable pour les chemins en lacet de cette petite île.
Au programme : le hameau de Hanatetena sur la côte au vent, le village principal de Vaitahu avec son musée archéologique, sa sublime église et son épicerie !
Ainsi les copains Liliane et Jérôme visitent la belle île de Tahuata et nous, nous profitons de cette courte escale pour retrouver nos connaissances : l’accueillante Tehina, le talentueux sculpteur Teiki Barsinas dit Kiki, les cordons bleus Jimmy et Rosa qui tiennent le snack (le seul de toute l’île).

Capt’ain Syl n’imagine pas priver Liliane et Jérôme du spectacle de la baie des Vierges, mythique baie d’arrivée de la TransPacifique.
Nous partons donc le vendredi 7 aout pour Fatu Hiva à 4h du mat’ pour 10h de navigation au prés serré, soit en langage courant : avec vent dans la tronche et mer formée. Fatu Hiva ça se mérite !!
Comme on dit vulgairement : on est content quand ça s‘arrête. N’est-ce pas Liliane ??

Arrivée de Oxygen à Fatu Hiva
Oxygen seul dans la baie des Vierges, Fatu Hiva

L’île de Fatu Hiva
A notre grande surprise et pour notre plus grand plaisir, on est le seul bateau dans cette baie.
On y reste 2 jours, le temps de revoir le village de Hanavave, le copain pêcheur/sculpteur Christian, rencontrer sa femme Emilienne. C’est avec grand plaisir qu’on se rend à leur invitation à déjeuner, au menu : poisson (thazar) cru au lait de coco, cochon sauvage et frites de uru (fruit de l’arbre à pain).
On leur fournit des médicaments, un viseur pour la carabine de chasse, du matériel inox pour réparer la remorque de la barque alu de pêche et en échange Christian nous donne des sculptures de bois (Tiki, cannes, coupelle..), des pamplemousses et des citrons. C’est un grand principe en Polynésie où finalement l’argent ne sert pas à grand-chose puisqu’il n’y a pas de magasin, tout juste des p’tites épiceries. Ainsi l’échange, le troc est très pratiqué. En tout cas en dehors des îles très touristiques comme Tahiti ou Bora Bora.
Mais c’est pas qu’on aime pas les Marquises mais on a encore du chemin à faire, ainsi on part le lundi 10 aout pour 3 jours de navigation à destination des Tuamotu.

Déjeuner chez Emilienne et Christian

L’ARCHIPEL DES TUAMOTU
L’atoll de Tahanea

3 jours et 3 nuits pour 548 miles nautiques, soit près de 1000km pour les non-initiés. Le tout par vent de travers.

Atelier pêche à bord en navigation…

On a quitté les Marquises, îles montagneuses aux cotes très açores, pour l’archipel des Tuamotu composé d’anneaux coralliens aux lagons bleu turquoise au raz de l’eau. Aux antipodes donc !
N’ayant aucun relief, c’est donc au dernier moment, à quelques miles de notre arrivée qu’on découvre l’atoll de Tahanea, notre destination.

Cap’tain et le code D multicolore
Voyez, c’est à peine si on distingue l’atoll de Tahanea entre ciel et mer…

Comme pour tous les atolls des Tuamotu, la première étape consiste à franchir la passe pour pénétrer dans l’atoll, pour passer de la haute mer au calme du lagon, du bleu profond au bleu turquoise !
Pour connaitre l’heure optimale de passage, c’est un savant calcul en fonction de la marée, du vent, du nombre de passes, leur orientation… il y a tant de paramètres et d’inconnus que le mieux est de bien observer l’état de la surface de l’eau avant, dans et après la passe aux jumelles, démarrer les 2 moteurs, affaler toutes les voiles, bien fermer tous les hublots, demander à tout l’équipage de bien se tenir et tenter l’entrée…le tout quand le soleil est au zénith pour une meilleure visibilité…
Ben oui, ça parait bizarre mais les courants dans les passes peuvent être très violents (jusqu’à 20 nœuds à Hao) et engendrer des vagues à onde très courtes, très hachées vous secouant comme un prunier … c’est court mais peut être intense !!
Heureusement pour le baptême de Liliane et Jérôme la passe Teavatapu était assez calme, preuve qu’on est passé à la bonne heure !
Oxygen pose son ancre derrière le motu de Hopupae, sur du beau sable blond.

Mouillage de Hopupae, Tahanea

On y passera 2 jours tranquilles.
On tente d’aller plonger dans la passe mais chaque fois le courant est trop fort et nous éjecte à vitesse V sans qu’on puisse prendre le temps d’admirer les poissons, requins et raies… et le corail est pauvre car le courant l’empêche de se développer et le « déracine », il ne peut se fixer.
Cet atoll n’a pas de village, aucun habitant à l’année, seuls quelques polynésiens y travaillent temporairement dans les cocoteraies pour la récolte du coprah. 3 d’entre eux viennent nous voir en barque pour demander des médicaments pour l’un d’eux qui a mal aux yeux. Nous leur donnons des dosettes de collyre mais que faire de plus… en échange ils nous donnent du carburant pour le moteur de notre annexe. Bref échange, et bêtement nous avons oublié de leur donner pamplemousses et citrons qu’ils auraient sans doute grandement apprécié, eux qui n’ont aucun arbres fruitiers sur l’atoll ….
Puis le samedi 15 nous allons dans l’atoll voisin… Fakarava.

L’église de Tetamanu, son intérieur multicolore décoré de guirlandes et suspensions composées de coquillages et sa cloche recouverte de palmes

L’atoll de Fakarava
L’un des atolls les plus grands des Tuamotu, pensez 60km de long pour 20 de large !
Il y a 2 passes : une au nord et l’autre au sud. C’est par cette dernière que Cap’tain Syl veut entrer car il a une idée en tête … la passe Tumakohua et ensuite mouiller à Tetamanu, juste à coté.
Et pourquoi là ? Cette passe sud ? Ben je vais vous le dire : pour observer de près, voir de nos propres yeux la plus grande concentration connue au monde en requins gris !!!
Pensez, jusqu’à 700 spécimens dans cette passe mondialement connue par les scientifiques des squales.
Vous pouvez voir ou revoir l’excellent documentaire « 700 requins dans la nuit » du réalisateur Luc Marescot et du biologiste Laurent Ballesta (1h30 sur le lien https://www.arte.tv/fr/videos/075178-000-A/700-requins-dans-la-nuit/ ) qui a été tourné dans cette passe en 2018. Ils tentent de comprendre les techniques de chasses des requins gris et pourquoi cette passe est The Place To Be pour ces squales !!

2 requins gris se baladant au fond de la passe, il y en a des centaines.
LE bar et la base de plongée situés sur la rive est de la passe.

On a donc « arpenté » en snorkeling, apnée et plongée bouteille cet endroit parmi tous ces requins si superbes de flegme le jour, et si voraces de poissons la nuit dans le docu.
Le plus impressionnant est bien sûr la plongée bouteille car on reste plaqué au fond à les observer, on peut prendre le temps, ils sont tout proche et se foutent de toi comme de l’an 40 !
Ce ne sont pas des monstres, ce ne sont pas les dents de la mer : juste quelques centaines, tous gris, tous semblables. Pas grands : entre 1.5 et 2.5m de long.
Les poissons naviguent entre eux, aucune attaque, c’est le jour, tout le monde est zen !
Par contre on a fait aucune photo car notre matos ne descend pas à 25m de profond, désolée !

Requins pointe noire. Corail et banc de poissons.

Sous l’eau il y a beaucoup de poissons multicolores, de beaux coraux et l’eau est absolument cristalline !
Et puis on a le temps car un coup de vent menace d’ici quelques jours dans les Tuamotu. On reste donc une petite semaine sur ce mouillage, à l’abri.
On visite l’ancien village de Tetamanu où désormais il n’y a plus que 2 familles de pêcheurs, 3 ou 4 pensions avec bungalow et bien sûr 2 centres de plongée. Clou de la visite : l’église, une des plus anciennes de Polynésie.
Mais attention ce n’est pas la foule, je vous rappelle que c’est à minimum 30h de voyage avec 3 vols depuis Paris !
On a envie d’aller visiter le village de Rotoava, au nord, là où se concentre la population de l’atoll, soit 800 personnes !! C’est donc avec une navette de pension qui va chercher des clients à l’aéroport, proche de la passe nord, qu’on se rend dans cette bourgade très très tranquille : 1 station-service, la mairie, une boulangerie (mais fermée) un dispensaire, quelques pensions, 1 hôtel resort et 2 épiceries. Voilà on a fait le tour !
Mais c’est pas le tout, faut repartir….
Comme nous avons quelques bidouilles techniques à faire et que nous ne voulons pas remettre ces ouvrages toujours au lendemain et surtout pas en fin de croisière au cas ils prendraient plus de temps que prévu, on va directement à notre prochain chantier/marina à Raiatea dans les îles sous le vent…

Paysage de cartes postales et locaux pic-niquant les pieds dans l’eau avec les requins.

ARCHIPEL DES ILES SOUS LE VENT

C’est avec grand plaisir que nous retrouvons Jane et Marc dans leur belle maison de Raiatea

L’île de Raiatea
C’est après 2 jours de mer, 375 miles nautiques (presque 700km) que nous franchissons à la voile la passe Teavapiti de Raiatea.
Ne voyez rien d’héroïque là-dedans, les passes des îles de l’archipel sous le vent sont, en général, bien plus faciles que celles des Tuamotu. Les courants y sont moins forts car ici il y a de vrais îles au milieu des lagons et de nombreuses passes. Ainsi moins d’eau à s’écouler par plus de trous, donc moins de courant : tous les plombiers comprendront sans souci !!
Sur les conseils de nos copains Sergine/Bruno du bateau Erimus Una et Jane/Marc de Raiatea, que nous retrouvons avec grand plaisir, nous nous mettons à couple d’une barge parfaitement rouillée à l’entrée du chantier CNI pour réaliser nos travaux : réduire une petite entrée d’eau qui nous narguait depuis quelques mois mais uniquement quand Oxygen naviguait au prés, babord amure, par mer formée. On avait tout envisagé, seule une entrée d’eau au niveau du rail de fargue restait possible. Jérôme nous le confirme et fait donc la réparation à coup de meuleuse, sika, tissu mat et résine. Repose du rail et c’est réglé !
On en profite pour changer les poulies de plat pont du chariot de grand-voile, presqu’à coup de masse. Un crève-cœur d’entendre la coque sous les coups assénés !
Après 1.5 jour de travaux, on repart l’esprit léger pour de beaux horizons …

L’île de Bora Bora

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 29-aa.jpeg.
Oxygen au lever du soleil à Bora Bora

On file donc pour l’île voisine : Bora Bora où on arrive par la passe Teavanui après 6h de navigation travers et 31 miles nautiques.
Visite du village de l’île : Vaitape où on a été un peu déçu car ce n’était pas si mignonnet que d’habitude alors qu’on pensait qu’avec la manne financière du tourisme, le village serait plus aménagé, plus ordonné mais c’est le contraire et en plus les gens ne prennent pas trop soin de leur jardin….

L’église de Vaitape, le principal village de Bora
Oxygen en navigation dans le lagon de Bora

A Bora, le mouillage des bateaux, et particulièrement des voiliers, est très réglementé : obligatoirement sur bouée, payante bien sûr !! Ainsi un monsieur prénommé Francis en belle grosse annexe vient à couple très poliment avec maintes explications pour présenter la note et accessoirement prendre en charge les poubelles ….
1ére nuit face au Yacht Club pourvu d’un bar et d’un bon restaurant avec vue sur coucher de soleil ….
Le lendemain on part à l’assaut du lagon, on fait presque tout le tour de Bora Bora en slalomant entre les nombreuses patates de corail, scrutant au passage les hôtels resort regorgeant de bungalow sur pilotis !
Et nous voilà, toujours sur bouée… dans les eaux turquoises, face au motu Faroone où on fait de belles plongées dans le jardin de corail.

Lagon turquoise de Bora : Concours de tatouage à bord, en partance pour le jardin de corail et partie de backgammon.

Pour la dernière nuit à Bora on revient proche de la passe, baie Tehou au motu Toopua, pour pouvoir partir le lendemain dès la levée du jour.

Dernier mouillage à Bora Bora
Vue panoramique de Tahaa

L’île de Tahaa

La navigation ce n’est pas comme la voiture : quand à l’aller vous allez à peu près dans le sens du vent, ben c’est cool et rapide, vous allez en ligne droite ou presque….
Par contre le retour, si le sens du vent n’a pas changé ben votre bateau si !!
Ainsi vous êtes au prés, obligé de faire des bords et du coup beaucoup plus de distance. Pour retourner dans le lagon de Raiatea on parcourera 50miles nautiques pour 9h de navigation : rappelez-vous nous avions parcouru 31mn en 6h… On va dire que c’est le charme et les joies de la navigation à voiles….
Je vous dis ça car notre dernière destination est l’île de Tahaa qui se trouve dans le même lagon que Raiatea, simplement on entre par une autre passe : Paipai.

Fleur de Tahaa (je crois que c’est un genre de flamboyant ??)

Notre guide Noé est obligé de dégager le chemin à coup de machette pour le 4×4 et Fleur de Vanille.

Tahaa est une petite île très tranquille, bien ronde avec de très profondes vallées d’où provient près de 80% de la production de vanille polynésienne !
Marc et Jane nous avaient donné le contact de Noé de Vanilla Tour pour explorer l’île, nous mettons donc Oxygen sur une de ses bouées au fond de la baie Hurepiti pour 2 nuits. Le lendemain nous voilà parti pour faire une virée en 4×4 et ingurgiter toutes les explications de la culture de la vanille, les plantes, les arbres, voir les villages de Haamene, Patio et Tapuamu.
Promis dans notre prochain article je vous détaillerai tous les secrets de la culture de la vanille car nous ne manquerons pas de revenir à Tahaa…
En cette toute fin d’aout il y a beaucoup de vent et il ne serait ni raisonnable ni confortable d’aller mouiller ensuite au jardin de corail. Nous nous mettons donc sur une bouée de la ferme perlière Ia Orana Pearl Farm dans la baie Vaiorea pour 3 nuits avec la permission de Wing Sang, le boss.
Tandis que Liliane et Jérôme visitent cette dernière pour comprendre la culture des perles, nous rendons visite à une belle épicerie, discutons avec Wing Sang et finalement nous nous rendons compte que ce sera une bonne base arrière, une anti chambre du chantier de Raiatea où nous comptons laisser Oxygen à chacun de nos retours en métropole. C’est pratique d’accès par n’importe quelle météo car dans le même lagon.

Quelques specimen de crotons de Tahaa

Jardin de corail de Tahaa, le plus beau que nous ayons vu.

Mais pour l’heure il faut rejoindre Raiatea et mettre Oxygen à sa place de ponton au chantier CNI managé par la pétillante Karine, un peu de bidouilles et de nettoyage et visite de l’île pour Liliane et Jérôme…
On reprend l’avion le samedi 5 septembre pour Tahiti, une nuit dans une pension et le dimanche on saute dans le vol Air France Tahiti / Paris via Vancouver pour 23h durant !


A bientôt pour de nouvelles aventures…

Mouss’Isa vous présente le bulletin météo façon Polynésie !!! (photo prise à Rotoava, village du nord de l’atoll Fakarava)